Hervé le Tellier, Demande au muet, Editions Nous

   Demande au muet est une sérié de dialogues courts où un maître, d’une intelligence relative, répond à son disciple, guère plus malin. Néanmoins, de temps à autres, tout comme une montre arrêtée finit par donner l’heure exacte, un jaillissement du sens, une fulgurance de la pensée ne sont pas impossibles. Oscillant entre nonsense et sagesse, ils traitent du monde avec l’absolu sérieux et la distance ironique qui conviennent.
LE DISCIPLE : Maître, ne craignez-vous pas de mourir incompris ?
LE MAITRE : Si, disciple, mais c’est préférable à passer sa vie à s’expliquer. [Source : Site de l'éditeur]

Fin
 Yasmina KHADRA, Khalil, Julliard

   Vendredi 13 novembre 2015. L’air est encore doux pour un soir d’automne. Tandis que les Bleus électrisent le Stade de France, aux terrasses des brasseries parisiennes on trinque aux retrouvailles et aux rencontres heureuses. Une ceinture d’explosifs autour de la taille, Khalil attend de passer à l’acte. Il fait partie du commando qui s’apprête à ensanglanter la capitale.
Qui est Khalil ? Comment en est-il arrivé là ?
Dans ce nouveau roman, Yasmina Khadra nous livre une approche inédite du terrorisme, d’un réalisme et d’une justesse époustouflants, une plongée vertigineuse dans l’esprit d’un kamikaze qu’il suit à la trace, jusque dans ses derniers retranchements, pour nous éveiller à notre époque suspendue entre la fragile lucidité de la conscience et l’insoutenable brutalité de la folie. [Source : site de l'éditeur] 

Fin

 Simenon, Le Petit Saint, Le Livre de Poche

    Louis Cuchas est l'avant-dernier d'une famille de six enfants. Nés de pères différents, rien ne les rapproche, sinon le toit qui les abrite dans une promiscuité où le vice lui-même n'a plus de nom. Leur mère, partagée entre ses amants successifs et sa charrette de marchande des quatre-saisons, n'a guère le temps de s'en occuper. C'est parmi les petites gens du quartier populeux de la rue Mouffetard que Louis laisse le monde venir à lui, enregistrant sons, couleurs, images, sensations, sous la protection de sa mère, dont il est le préféré. À l'école, il s'isole, et son regard pétillant excelle à saisir les choses comme les gens. Le surnom de « Petit Saint » que lui ont donné ses condisciples a rapidement gagné les Halles où, à sa demande, il accompagne sa mère chaque matin, avant l'aube. Ses frères et sœurs vont déserter un à un le logis familial, Gabrielle ne reçoit plus d'hommes, Louis grandit. Il a quitté l'école et travaille la nuit aux Halles, mais il reste toujours le petit garçon aimable et pudique, avec son visage de fillette encadré de boucles délicates.
Un jour, il se découvre une grande passion, la peinture. Désormais, il ne vivra plus que pour elle, s'efforçant de traduire à sa manière, dans la juxtaposition de couleurs pures, ce qu'il a accumulé en lui depuis vingt ans. C'est l'éclosion à une vie nouvelle qui le fascine, malgré les jours difficiles, et, en même temps, la première expérience amoureuse. Il déménage, quittant la rue de son enfance et sa mère qu'il aimera toujours tendrement. Ses toiles se vendent, sa popularité naît et croît grâce à son ami, Suard, qui a encouragé ses débuts. Mais peu soucieux d'argent et de gloire, il restera Louis, le mystérieux petit garçon à la fois proche et lointain – dont la renommée, auréolée de légende, fera plus tard un artiste célèbre. [Source : Wikipedia]

 Fin

Terry Pratchett, Mortimer, L’Atalante

    Les Annales du Disque-monde
Morty traverse les champs en courant ; il mouline des bras et s'égosille comme un beau diable. Non. Même ça, même effrayer les oiseaux pillards, il n'est pas fichu de s'en tirer proprement. Son père, au désespoir, l'observe depuis le muret de pierres. 
"Il manque pas de cœur, fait-il à l'oncle Hamesh.
— Ah, dame, c'est le reste qu'il a pas."
Et pourtant un destin hors du commun attend Mortimer. Car à la foire à l'embauche la Mort l'emporte sur son cheval Bigadin.
Il faut dire que la Mort a décidé de faire la vie ; et l'assistance d'un commis dans son labeur quotidien lui permettrait des loisirs. 
Mais… est-ce bien raisonnable ? [Source : Site de l'éditeur]

 Fin

 

 

 

Kenzaburô Ôé , Dites-nous comment survivre à notre folie, Gallimard
  Deux drames marquent ces quatre nouvelles : la guerre - Kenzaburô Ôé avait dix ans en 1945 -, et la naissance, en 1964, de son fils anormal qui lui a révélé le véritable chemin de la vie. Si les récits de Kenzaburô Ôé ne sont jamais totalement autobiographiques, tous en revanche prennent naissance dans son expérience personnelle.
Dans Gibier d'élevage, l'auteur décrit l'impact sur les esprits, dans un village montagnard, de la présence d'un prisonnier noir américain. Dans Dites-nous comment survivre à notre folie, nous ont contés les efforts d'un père pour nouer avec son fils handicapé mental des relations aussi étroites et fines que possible. La dernière nouvelle est l'un des textes les plus déconcertants et les plus complexes de ce romancier qui fut couronné par le prix Nobel en 1994.   [Source : site de l'éditeur]

Fin

Louise Erdrich, Dernier Rapport sur les miracles à Little No Horse , Albin Michel
    Finaliste du National Book Award, classé parmi les meilleurs livres par le New York Times, ce roman lyrique et baroque a valu à Louise Erdrich d'être comparée par la presse américaine à Faulkner et à Garcia Marquez. Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse nous entraîne dans l'univers à la fois familier et étrange d'une réserve indienne du Dakota du Nord. C'est là que le père Damien, un prêtre quasi centenaire, a passé toute sa vie. Il y a été témoin de nombreux événements ordinaires et extraordinaires qu'il a fidèlement rapporté aux papes successifs sans que cela suscite la moindre réaction. Et lorsque enfin le Vatican lui envoie un émissaire, il hésite à révéler la vérité tant celle-ci la menace dans sa propre identité...
S'il est ici question de secrets et de rédemption, c'est avant tout d'amour qu'il s'agit : amours humaines, amours divines, que l'écriture de Louise Erdrich transcende avec émotion et sensualité.

« Parcouru par un souffle exalté, ce roman impose Louise Erdrich comme une romancière accomplie, de la trempe de Toni Morrison. »
Laurent Sagalovitch, Libération. [Source : site de l'éditeur]

 

Fin

 

Catherine Meurisse, Légèreté (La), Dargaud
  Dessinatrice à Charlie Hebdo depuis plus de dix ans, Catherine Meurisse a vécu le 7 janvier 2015 comme une tragédie personnelle, dans laquelle elle a perdu des amis, des mentors, le goût de dessiner, la légèreté.
Après la violence des faits, une nécessité lui est apparue : s'extirper du chaos et de l'aridité intellectuelle et esthétique qui ont suivi en cherchant leur opposé – la beauté.
Afin de trouver l'apaisement, elle consigne les moments d'émotion vécus après l'attentat sur le chemin de l'océan, du Louvre ou de la Villa Médicis, à Rome, entre autres lieux de renaissance.
[Source : site de l'éditeur]

FinRomain Gary , Chien Blanc, Gallimard.
     Ce livre, comme La promesse de l'aube, est un récit vécu. Romain Gary s'y met en scène, ainsi que Jean Seberg, et d'autres personnages connus comme Marlon Brando ou Robert Kennedy. Le décor en est l'Amérique en proie au problème noir. Mais le propos est bien plus vaste. Il s'agit de l'homme, avec sa bonté et sa bassesse, sa grandeur et sa faiblesse... et aussi, de l'impossibilité de désespérer, envers et contre tout.
À Los Angeles, Romain Gary recueille un chien-loup perdu. Il s'aperçoit bientôt que ce chien, très doux d'ordinaire, attaque tous les Noirs qu'il voit. C'est ce qu'on appelle dans le Sud un «chien blanc», un chien dressé pour faire la chasse aux Noirs. On veut piquer le chien, trop vieux pour être «rééduqué». Mais Gary s'obstine à le sauver. Finalement, l'animal est pris en charge par un gardien de zoo, un musulman noir fanatique qui va réussir un prodige, dont il ne convient pas de dévoiler ici le caractère de revanche impitoyable...
Cette fable vraie a une valeur de symbole. C'est, malgré l'impuissance à résoudre les vrais problèmes, le défi contre toutes les résignations défaitistes.
En même temps, on trouve un tableau, dramatique et burlesque, des mouvements extrémistes noirs et de tous ceux, parfois malhonnêtes, qui gravitent autour d'eux. Autour de Jean Seberg, jeune actrice idéaliste, s'agite un monde pittoresque et dangereux : le chantage et le meurtre sont présents à tout instant. C'est la surenchère de la violence, le cabotinage de beaucoup de «libéraux» blancs qui soutiennent les Noirs, le noyautage et la manipulation par le F.B.I. ou la C.I.A. de tous ces petits groupes.
Romain Gary ne se borne pas seulement ici à la Californie et Hollywood. Il y a aussi Washington à feu et à sang, le jour de l'assassinat de Martin Luther King. Il y a Bob Kennedy vu dans l'intimité, quelques jours avant sa mort et qui se savait marqué. Il y a mai 1968 à Paris. «Des gens se sont noyés en essayant de sauver un chien, mais c'est évidemment beaucoup plus qu'un chien qu'ils essayaient de sauver.»
[Source : site de l'éditeur]

Fin

 

 

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