LDidier Van Cauwelaert, La vie interdite, Le livre de poche

    « Je suis mort à sept heures du matin. Il est huit heures vingt-huit sur l’écran du radio-réveil, et personne ne s’en est encore rendu compte ».
Jacques Lormeau, 34 ans, quincaillier et surtout artiste peintre à ses heures perdues, se réveille ce matin-là et voit que quelque chose ne va pas. Il flotte au-dessus de son corps. Il s’aperçoit qu’il est mort durant la nuit, dans les bras de sa maîtresse, Naïla, qui elle ne s’est rendue compte de rien et part travailler.
  Il va alors devenir spectateur du chagrin de ses proches, du vide qu’il laisse et surtout de la comédie de ses obsèques. Il va essayer de se glisser dans les pensées de sa femme, dans les rêves de son fils. Il va vouloir terminer ce qu’il a commencé ou ce qu’il n’a pas réalisé sur terre. Il va se poser la question du paradis, de ce que l’on devient ou de ce que l’on aimerait devenir après la mort, du monde des morts.
  Il va s’apercevoir qu’il ne connaît pas très bien les personnes qui l’entouraient. Il regrette bien évidement certaines choses qu’il a faites ou pas.
  Trois personnages m’ont particulièrement émue :
  - Lucien, son fils, qui malgré son apparent désintéressement vis-à-vis de son père lors de son vivant, va tout faire pour communiquer avec lui
  - Alphonse, qui a été « la nounou » de Jacques et qui tout au long de l’histoire fait comme si Jacques était toujours présent et le défend face aux réflexions acerbes de certains.
  - Melle Toussaint, cliente de la quincaillerie, devenue bouddhiste, qui découvrira le corps sans vie de Jacques et qui essaiera de libérer son âme pour le faire progresser dans son karma.
Malgré le sujet grave du roman, Didier Van Cauwelaert a réussi à écrire une histoire amusante et émouvante grâce à ses personnages hauts en couleur.
[Isabelle]

Fin
 
Chaillan Marianne, Harry Potter à l'école de la philosophie, Ellipses     

  Des dizaines sinon des centaines de millions de lecteurs aux quatre coins du monde ont voyagé dans le monde magique de Harry Potter, découvrant livre après livre et film après film, un univers merveilleux et fascinant. Mais savaient-ils qu’en montant avec lui dans le « Poudlard Express » sur la voie 9 3/4, ils allaient s’ouvrir aux plus grandes thèses de la philosophie ?
Car Harry Potter ne nous fait pas seulement entrer à l’école des sorciers mais aussi à l’école platonicienne. Le sage Dumbledore se fait tour à tour stoïcien, adepte de Berkeley et maître de philosophie morale. Le fougueux Sirius Black est le porte-voix des thèses sartriennes sur la liberté humaine contre la vision déterministe du Professeur Trelawney. Lord Voldemort et ses Mangemorts, quant à eux, nous interrogent sur la philosophie de Nietzsche…
  À Poudlard, on suit certes des cours de Défense contre les Forces du mal, de Métamorphose et de Sortilèges. On apprend aussi et surtout la philosophie. Le long cheminement de Harry jusqu’au combat final avec le Seigneur des Ténèbres dévoile même une philosophie de la finitude propre à l’oeuvre de J. K. Rowling.
Cet ouvrage vous propose de revisiter les aventures de notre cher sorcier pour y vivre, avec un plaisir toujours renouvelé, une remarquable initiation à la philosophie. [Site de l'éditeur]
 

Fin


Éric Reinhardt, L’amour et les forêts, Gallimard

  À l'origine, Bénédicte Ombredanne avait voulu le rencontrer pour lui dire combien son dernier livre avait changé sa vie. Une vie sur laquelle elle fit bientôt des confidences à l'écrivain, l'entraînant dans sa détresse, lui racontant une folle journée de rébellion vécue deux ans plus tôt, en réaction au harcèlement continuel de son mari. La plus belle journée de toute son existence, mais aussi le début de sa perte.
  Récit poignant d'une émancipation féminine, L'amour et les forêts est un texte fascinant, où la volonté d'être libre se dresse contre l'avilissement.
 [Source : site de l'éditeur]

Fin

 

Ian Rankin Rebus et le Loup-garou de Londres, Le Livre de Poche
   Un tueur en série sème la terreur à Londres. Parce que sa première victime a été retrouvée dans Wolf Street (rue du Loup), parce qu’il laisse une morsure sur le ventre des femmes qu’il assassine, la presse l’a baptisé le Loup-Garou.
  Désemparée, la police londonienne fait appel à l’inspecteur John Rebus, en qui elle voit un expert ès tueurs en série. L’Écossais plonge alors dans l’univers de la métropole, avec ses métros bondés et ses quartiers dangereux.
  Fidèle à lui-même, Rebus ne se fait pas que des amis dans la police londonienne. Toujours adepte des méthodes peu orthodoxes, il cherche à provoquer l’assassin, qui semble néanmoins garder une longueur d’avance sur les enquêteurs. Meurtre après meurtre, le Loup-Garou, rattrapé par sa folie, sombre peu à peu dans une spirale destructrice qui menace d’emporter Rebus…
[Source : site de l'éditeur]

Fin

Anne PERRY, L'étrangleur de Cater Street, 10/18

  L'étrangleur de Cater Street est le 1er volume d'une série policière qui en compte 30 (bientôt 31). Les intrigues se déroulent toutes à Londres, à la fin du XIXème siècle, et chacune a lieu dans un quartier bien précis géographiquement de la capitale anglaise.
   On fait la connaissance dans ce 1er volume du couple récurrent à toutes les enquêtes, Charlotte et Thomas Pitt et ce récit retrace leur rencontre autour d'une histoire de meurtres sordides.
Charlotte Ellison est une jeune femme de la bonne société victorienne, mais elle détonne un peu par son caractère indomptable et rebelle, sa franchise et son goût pour la lecture des journaux à sensations et des chroniques historiques.
  Le quartier dans lequel elle vit, Cater Street est le théâtre de plusieurs meurtres sordides, plusieurs jeunes femmes, de différents milieux sont étranglées avant d'être mutilées à coups de couteau.
Un soir, alors qu'elle est seule à la maison, la jeune bonne ne rentre pas, et Charlotte décide de prevenir la police. C'est l'inspecteur Thomas Pitt qui se présente, et qui annonce que la jeune femme, Lily est la 3ème victime du tueur en série. Il commence à mener l'enquête, des questions surviennent, et l'apparente tranquillité du quartier et de la maison vole en éclats.
   J'adore le côté « Austenien » des personnages, surtout celui de Charlotte, féministe avant l'heure, la description de cette société si corsetée, mais également si débauchée, si divisée ( j'ai souvent pensé à Dickens)la conscience « sociale » du personnage. Il ne s'agit pas seulement d'une enquête policière mais d'une enquête sociologique . On assiste à l'irruption du mal dans une société de l'entre-soi, et la prise de conscience progressive qu'on n'est plus en sécurité entre soi, la menace de vient pas forcément des bas-fonds et le mal n'est pas seulement lié à une absence de moyens financiers. Chacun voit un suspect chez l'autre, le doute s'insinue.
La grande force de la série, c'est qu'aucun personnage n'est laissé de côté, même les personnages secondaires ont une réelle existence et ne sont pas caricaturaux. J'aime l'atmosphère de grisaille londonnienne et le réconfort qu'on trouve autour d'une tasse de thé et de petits sandwiches au concombre. J'aime les liens qui se nouent entre les deux protagonistes, qui appartiennent à deux pans de la société qui ne devraient pas se rencontrer, les remises en cause de l'ordre etabli et les questions qui en découlent.
  Je me demande aussi si la personnalité de Anne Perry, l'auteur, n'influence pas la série car Anne Perry elle même est un personnage hautement romanesque... Son histoire a été racontée par Peter Jackson dans « Creatures Célestes » (son rôle était joué par Kate Winslet). Alors qu'elle était adolescente, elle est tombée amoureuse de sa meilleure amie, et elles ont assassiné la mère de son amie qui s'opposait à leur relation. Mineure, elle est condamnée et enfermée pendant cinq ans dans une prison néo-zélandaise. [Valérie]


Fin

Raymond Queneau, Exercices de style, Gallimard
  Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au long cou, coiffé d'un chapeau orné d'une tresse au lieu de ruban. Le jeune homme échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s'asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus. Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois, de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes. Mise en image, portée sur la scène des cabarets, elle a connu une fortune extraordinaire. Exercices de style est un des livres les plus populaires de Queneau. [Source : site de l'éditeur]

Fin

Sommaire des réunions du modeste Cercle